La nouvelle fait du bruit depuis hier et se propage à toute allure sur la Toile. Non content de grignoter petit à petit les parts de marché de Microsoft dans le domaine informatique, Steeve Jobs, co-fondateur d'Apple, nous fait part de ses pensées sur les DRM (Digital Rights Management system, aussi connu sous le nom de Dispositifs de Contrôle d'Usage ou DCU) dans un billet des plus racoleurs qui nous emmène doucement vers l'idée qu'il souhaite alors diffuser. C'est indéniable, il s'agit d'un condensé de Steeve Jobs en quelques lignes, en témoigne la réthorique qui y est employée.

Ecouteurs iPod

Pour faire court, tout part d'un constat : les clients de Apple demandent souvent à ce que la musique distribuée par Apple ne contienne plus de DRM. Seulement, cette musique n'est autorisée à la mise en vente par les majors de l'industrie musicale qu'à la condition que la musique soit protégée contre la copie. En cas de faille, elle doit être réparée au plus vite, sans quoi cet accord serait rompu, vidant ainsi les bacs virtuels de l'Apple Store. Seulement, comme toujours, les protections sont souvent et rapidement crackées.

Pour contrer cela, Steeve Jobs propose trois solutions :

  • Associer un lecteur spécifique à une protection, laissant ainsi la possibilité mettre à jour cette mesure de protection dès qu'elle serait brisée. Cela fragmenterait alors le secteur, chaque firme développant de son côté son système de protection propriétaire, ne laissant aucune place à l'interopérabilité dans le milieu musical. Or, selon les statistiques, seulement 3% de la musique écoutée sur un iPod est un fichier téléchargé sur iTunes Store. Cette mesure serait donc inappliquable.
  • Seconde solution : développer une mesure de protection unique, partagée avec tous les distributeurs de musique en ligne et les fabriquants de lecteurs audio. Le problème vient ici du fait que le nombre de personnes possédant la protection décuple d'autant les possibilités d'une fuite et donc l'apparition d'une mesure contournant cette protection. Le cercle vicieux mis en place actuellement prendrait alors encore plus d'ampleur.
  • Enfin la troisième et dernière solution consisterait en une suppression totale des DRM. Du côté des utilisateurs comme des distributeurs, cela serait la meilleure solution. Ne reste alors que le plus difficile à faire : convaincre les majors. Il faut savoir que les DRM n'ont jamais marché jusqu'à présent et que les majors mettent en vente plus de 90% de la musique sur CD, totalement libre de DRM et cela depuis des années alors même que l'on peut copier ces mêmes CD sans aucun problème ou presque. La diffusion de musique sans DRM permettrait alors de voir une évolution dans le secteur de la distribution et de l'utilisation, ce qui aurait pour effet de faire augmenter les ventes.

A Steeve Jobs de conclure qu'il ne reste plus qu'à convaincre les majors, principalement européens (Universal, EMI, Sony BMG). Beau coup de maître certes, mais qui n'est pas sans amener quelques questions. Pourquoi ce soudain revirement d'Apple ? Est-ce une manière déguisée de se dégager de toute responsabilité à ce sujet alors qu'ils sont les initiateurs de ces mesures de protection sur les fichiers numériques ? Est-ce un moyen de regagner les faveurs d'un public qui se préoccupe de plus en plus des questions d'interopérabilité ? Quoi qu'il en soit, il est toujours aussi difficile de voir à travers les révélations de celui qui restera l'un des plus grands orateurs de tous les temps... :)

PS : Pardonnez moi le mauvais jeu de mot du titre mais les révisions de mes cours de Philosophie n'arrangent rien.