En tant qu'utilisateur de Linux depuis plusieurs années maintenant, j'ai souvent parlé, du moins au début, des mérites de ce système d'exploitation. Pour faire comprendre à mon interlocuteur ce que je veux dire, l'analogie, la comparaison avec Windows est certes pratique mais somme toute assez inappropriée. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas seulement un problème de technologie, mais surtout un problème d'usage et même de philosophie.

Un article anglais traduit sur le Blog Libre explique ces différences à l'origine de tant de trolls et polémiques qui ne devraient pas avoir lieu d'être à travers des exemples de la vie courante regroupés en sept problématiques différentes :

  • Premier point abordé : on ne peut comparer Linux à Windows car ils sont tous deux différents. Linuw n'est pas une simple copie gratuite de Windows ni une réplique améliorée car la supériorité ne peut venir que de la différence. Le but de linux n'est pas d'être meilleur que Windows, mais d'être le meilleur système d'exploitation que la communauté puisse réaliser.
  • Linux est trop différent de Windows pour que ses compétences acquises sur ce second soient appliquée sur le premier. Il faut alors tout reprendre à zéro. Ce n'est pas parce que vous ne comprenez rien que Linux n'est pas fait pour vous, il faut simplement en passer par l'apprentissage.
  • La culture bénévole du logiciel libre est différente de celle du logiciel propriétaire qui donne droit à un service minimum du fait de l'achat du produit. La communauté bénévole vous fournit le produit et ne vous doit rien. L'aide n'existe donc que par la passion. Cette même passion peut amener à la création d'un clivage entre les plus expérimentés et les novices, ce qui ne signifie pas qu'il est nécessaire d'être expérimenté pour utiliser Linux : à chaque profil correspond une utilisation, d'où l'avantage de cette modularité optionnelle de Linux.
  • Linux sort du concept habituel distributeur/utilisateur car il est façonné par les utilisateurs pour les utilisateurs. Ainsi le concepteur d'un logiciel sait exactement ce dont il a besoin. A chaque profil correspond un logiciel qui lui correspondra à un usage particulier. A l'utilisateur donc de chercher le logiciel qui correspond le mieux à son profil, soit plus ergonomique, soit plus simpliste pour une utilisation basique.
  • Les habitudes que nous pouvons avoir ne sont pas forcément les plus ergonomiques. Ce qui sort du conformisme habituel peut-être bénéfique et ne doit pas être écarté. Repenser sa manière de travailler peut-être à l'origine d'un gain de temps même si cela nécessite un effort supplémentaire au début. L'accès le plus simple qui soit à une fonctionnalité (Edition > Format > Police) n'est pas nécessairement le plus efficace. Il faut donc distinguer habitude et facilité d'ergonomie et d'efficacité.
  • Les ressemblances entre Linux et Windows ne sont pas la cause d'une quelconque copie de l'un sur l'autre mais juste de l'implémentation de la réponse la plus adaptée à un problème par les deux camps. L'évolution au cours des années de ces systèmes d'exploitation est à l'origine d'une convergence qui diffère totalement de cette hypothétique imitation dont on entend si souvent parler. Ni Windows, ni Linux ne sont les premiers à avoir implémenté un système de gestion de fenêtres ou un système de menu déroulant puisqu'ils existaient déjà avant eux.
  • Le logiciel libre est une philosophie différente qui prône le développement d'une solution non pas pour conquérir un marché, mais pour répondre à des besoins. Ainsi le logiciel libre n'a pas besoin d'utilisateurs pour survivre étant donnée que le principal utilisateur d'un logiciel est son concepteur et qu'il ne tire aucun profit du partage de son produit si ce n'est des retours d'utilisation et des participations à son élaboration destinés à avoir un produit le plus complet possible.

De ces différents points découle la conclusion suivante : celui qui croit trouver en Linux une version améliorée de Wndows exempte de virus, bugs, etc, ne trouvera pas son compte en effectuant la transition de l'un vers l'autre. Il faut choisir un OS suivant ses besoins et Windows comme Linux correspondent à des profils et besoins différents. Que celui qui aime la modularité et le contrôle de sa machine utilise Linux, que celui qui aime le pré-maché / Prêt-à-fonctionner utilise Windows et que celui qui souhaite l'aspect commercial et sécuritaire d'un OS achète Mac OS.

Voilà qui résume assez bien la situation non ? (via LinuxFR)