Aujourd'hui, la grande mode est aux produits beta : qu'il s'agisse de logiciels, de services en ligne ou que sais-je encore, tout est arboré d'une petite vignette sur laquelle le terme "beta" est bien visible. Le Web actuel, aussi 2.0 soit-il (à votre bon gré messieurs/dames), pousse cette mode à l'excès, au risque d'ailleurs de pâtir d'une arrivée prématurée sur le marché. Aspects positifs et négatifs, un bien pour un mal ? La beta vue dans tous ses angles pour mieux l'appréhender...

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Tout d'abord, pour ceux qui ne savent pas ce dont il s'agit, une version "beta" d'un logiciel par exemple est une version non finalisée de ce logiciel disponible généralement gratuitement. Elle permet d'avoir des retours utilisateurs sur le logiciel pendant sa phase de développement et avant sa phase de commercialisation dans le but de l'améliorer ainsi que de détecter des éventuels bugs, erreurs de traductions, etc. La version ainsi fournie n'offre à l'utilisateur aucune garantie de stabilité et son utilisation se fait aux risques et périls de l'utilisateur (généralement d'un niveau avancé).

Comme précisé précédemment, le grand avantage de cette version beta est de pouvoir avoir un retour en direct des utilisateurs pendant la phase de développement, permettant de modifier, corriger le produit. Plus le nombre d'utilisateurs de la beta est grand, plus il y a de chance d'avoir des retours de bugs ainsi que des idées d'amélioration, ce qui permet d'avoir un produit plus abouti dans des délais relativement rapides. La qualité d'un produit auquel les utilisateurs ont participé à l'élaboration s'en voit grandement améliorée, les différents retours d'expérience aidant.

Un autre avantage de la publication de cette version "avant-première" est le buzz généré par le produit, positif comme négatif en fonction de la qualité du produit. Avantage à double-tranchant don, avec notamment un désintérêt possible de la cible utilisatrice pour le logiciel si ce dernier n'est pas assez abouti. Une beta aboutie : tu parles d'un paradoxe ! Au risque de dénaturer la véritable fonction d'une beta, certains fournissent des beta "cle en main", dont ils n'amélioreront que quelque peu l'ergonomie par la suite.

La beta stable et complète donne l'impression à l'utilisateur d'utiliser un produit comme un autre, le faisant oublier à la fois les enjeux et les risques d'une telle version. Le revers de médaille se fait alors sentir lorsqu'une beta digne de ce nom est mise sur le marché, comme ce fût le cas de Safari 3, le nouveau navigateur d'Apple. Ce dernier était dans un premier temps très instable, à la qualité même à la limite d'une alpha (version précédant la beta, généralement privée) et d'une beta, il fût très critiqué et a du encaisser les réactions parfois violentes des utilisateurs.

Un autre risque de la beta est de s'y installer confortablement, au point de ne plus avoir ni l'envie, ni la nécessité de passer en version finale. Le produit n'est pas tout à fait fini, mais assez pour une utilisation quotidienne et stable. Le fossé entre les deux versions est si petit qu'on hésite à le franchir : cela vaut-il vraiment le coup ? On passe alors à côté de toute un marché, ou du moins une portion de ce marché pour qui le logiciel ne semble pas encore finalisé et donc pas utilisable convenablement. C'est le cas par exemple de Dotclear 2 qui se fait attendre mais dont la beta est fonctionnelle.

Malgré donc une impression de proximité entre le distributeur et l'utilisateur ainsi qu'un développement plus proche des attentes du marché, la beta est à manier avec précautions sous peine d'avoir un retour négatif nuisant à l'image du logiciel avant même sa sortie ou privant de toute une catégorie d'utilisateurs si cette phase dure trop longtemps. En dépit de ces inconvénients, c'est un moyen efficace, du moins lorsque cette phase est bien gérée, de générer du buzz et d'arriver rapidement sur un marché encore vierge dans le but de capter l'attention des early adopters, d'où une croissance rapide. Bref, à utiliser avec modération ! ;)