Ce matin, j'étais décidé à écrire sur ce blog. J'allais vous souhaiter une bonne année. Oui, mais ça c'était ce matin. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Beaucoup d'eau. Un torrent même : torrent de larmes, de désarroi, d'effroi et d'incompréhension. Ce jour est et restera un de ces jours noir, sombres, une nuit sans lune et sans étoiles.

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Aujourd'hui, des hommes sont morts au nom de la liberté d'expression; en notre nom à tous. Aujourd'hui, la barbarie a un ou plutôt plusieurs visages. La couardise, l'idiotie et l'intolérance ont été incarnés par ces barbares. On peut être ou ne pas être d'accord avec leurs satires, on peut ne pas partager leurs opinions, mais ce soir nous partageons leur funeste sort et nous les pleurons, à l'image de Philippe Val sur France Inter tout à l'heure, la voix émue mais déterminée. Nous sommes tristes pour eux, pour leur famille et pour la liberté d'expression. Jamais des mots ou des dessins ne méritent une riposte aussi sanglante.

Aujourd'hui, j'ai vu une France choquée, à genoux. Puis j'ai vu une France debout, dans la rue. A Paris, place de la République, puis à Nantes, à Rennes ou dans de nombreuses villes de province, j'ai vu des hommes se lever pour dénoncer un acte innommable. Les gens se sont pressés pour faire barrage à la peur. Dans un élan de solidarité et de compassion des centaines, des milliers, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées en silence.

Cette spontanéité me redonne une lueur d'espoir. Ils ont voulu les museler définitivement, ils ont élevé Cabu, Charb, Tignous et Wolinski au rang d'icônes. Leurs dessins sont désormais une arme, un symbole contre ceux même qui les ont combattus. Loin d'être divisés, les français sont ce soir rassemblés autour d'une même cause. C'est vrai, j'allais vous souhaiter une bonne année. C'est assez mal parti. Mais ce soir je perçois de l'espoir, de l'émotion et de la solidarité. Aux extrémistes de toute sorte : la solution n'est pas dans violence. Jamais.

Alors finalement, cette année qui ne commence pas bien ne finira peut être pas si mal...