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Tribulations d'un geek...

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20 janvier 2008

Planquez-vous : le libre s'immisce chez vous !

J'aimerais revenir rapidement sur un très bon article d'Alexis, alias Aka, s'intitulant "Comment le logiciel libre entrera dans nos tanières", dont le but avoué est d'expliquer la manière dont le logiciel libre va se populariser et ainsi s'immiscer dans nos machines. La machine est en route et même si la vocation n'est pas de remplacer totalement le logiciel payant, l'arrivée d'une alternative gratuite sur le marché favorise néanmoins l'innovation, la compétitivité et rend possible l'équipement logiciel complet d'un ordinateur à faible coût.

Si je dis que la machine est en route, c'est qu'il n'est plus nécessaire de prouver que le modèle du logiciel libre est viable, tant au niveau de la fiabilité technique qu'économique. La fondation Mozilla et son célèbre navigateur Firefox en est la preuve. De nombreux exemples fleurissent à droite et à gauche et se popularisent peu à peu. Le rachat de MySQL par Sun (bien que MySQL ne soit pas un logiciel libre mais plutôt un logiciel Open Source), l'intégration de GNU/Linux dans le très attendu EePC d'Asus ou la vente de PC sous Ubuntu Linux par Dell trahissent une confiance non plus naissante mais belle et bien installée en le logiciel libre.

Il y a de ça quelques années, je discutais avec une personne travaillant dans la gendarmerie de la viabilité à long terme du logiciel libre (viabilité économique, garantie de la gratuité et du développement) : le scepticisme l'emportait à l'époque sur l'engouement pour ce type de produits. Il y a peu de temps, après que le parc informatique (principalement du côté logiciel) de la gendarmerie ait été renouvelé, j'ai eu à nouveau une discussion avec cette même personne qui avait totalement changé d'avis et qui aujourd'hui est beaucoup plus enclin à recommander le logiciel libre à d'autres utilisateurs.

La méconnaissance du logiciel libre est la principale cause de son refus, et les stéréotypes sur son archaïsme continue encore à circuler aujourd'hui. Heureusement, ils sont entrain de s'étouffer eux même avec la popularisation de certains logiciel phares. Lorsque je lis les statistiques qui estiment la pénétration de Firefox à 30% sur le marché européen des navigateurs Web, je me dis que le libre n'entre pas dans les moeurs, il y est déjà. Reste à expliquer aux gens que le libre qu'ils utilisent est du libre et que cela représente beaucoup plus qu'un simple exécutable ou même qu'un simple code source : le libre, c'est une économie, une philosophie, mais avant tout une idéologie. A vous de la prendre dans le sens du poil qui vous arrange puisqu'il y en a toujours au moins un... ;-)

10 juillet 2007

Le Point et sa vision de la guerre des navigateurs...

Petit coup de gueule nocturne pour Le Point et son article titré d'un racoleur Apple relance la guerre des navigateurs Web. Hélas, je crois bien que le journaliste en question a mis un pied dans un domaine qu'il ne maîtrise pas et où son processus routinier de documentation a été plutôt mal accompli. Manque de bol, je suis passé par là au même moment et je compte bien rétablir quelques vérités dans l'information délivrée. Etre racoleur, quoi de plus normal pour un article de presse, mais doit-on pour autant modifier la réalité des faits à cette fin ?

Logo Le Point

Le 11 juin, Steve Jobs, le PDG d’Apple, a intensifié l’assaut contre le géant du logiciel [Microsoft, NDLR]. Dans un discours devant les développeurs Apple, Jobs ... a annoncé de nouvelles versions du navigateur Safari pour Windows. Celui-ci permettra aux utilisateurs Microsoft d’essayer sans risque le logiciel Apple (Safari est gratuit) et ainsi les convaincra peut-être de passer à un ordinateur Mac ou d’acheter un iPhone. Et pour s’assurer qu’il y aura suffisamment de logiciels différents pour les acheteurs, Jobs a offert les technologies Web (codes sources) de Safari aux développeurs extérieurs afin qu’ils écrivent des programmes pour les produits Apple, y compris l’iPhone (le grand succès potentiel de la compagnie), en vente depuis le 29 juin.

Ca commence mal avec ce premier paragraphe, en fait le second de l'article : quelqu'un peut-il m'expliquer en quoi l'utilisation d'un logiciel Apple donne-t-il envie à son utilisateur d'acherter un Mac ou un iPhone, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un navigateur Web ? Beaucoup de personnes utilisent iTunes ou Quicktime sur PC et n'ont pas pour autant l'envie d'acheter un Mac. J'ai du mal à faire le rapprochement entre les deux, mais soit. Par contre, Apple reste dans sa logique d'applications propriétaires et n'a en aucun cas offert les codes sources de Safari aux développeurs, encore moins les technologies Web qu'il n'a pas lui même inventé à ce que je sache. L'iPhone, quant à lui, n'est pas ouvert aux applications externes. Il n'est possible d'utiliser que des applications de type en ligne utilisant les technologies web actuelles, tout comme le font les applications en ligne de Google par exemple. Les développeurs indépendants ne peuvent donc pas développer d'applications indépendantes grâce au code source de Safari dont ils ne disposent pas.

Petite précision quant aux chiffres annoncés pour Firefox, les 15% annoncés (plus près des 17% en réalité), sont des statistiques mondiales, sachant qu'en Europe nous en étions à 24.1% de parts de marché en Avril dernier d'après Xiti Monitor, soit actuellement bien au delà des 25% si la croissance de l'utilisation de ce navigateur à gardée son rythme de croisière. L'esthétique des applications Mac sous Windows est un des arguments avancés pour justifier l'adoption du mode de vie Mac et iPhone. Là encore, j'ai beaucoup de mal à croire en ces propos. Si BootCamp peut être un argument viable, l'intrusion de Safari sur Windows n'en est pas un, loin de là.

Il [Jobs] souhaite notamment entrer sur de nouveaux marchés, comme ceux des téléphones mobiles et des périphériques de télévision.

Qui a osé parler des périphériques de télévision ? On parle bien de l'AppleTV là ? Ca ne srait pas ce qu'on appelle un "bide" ? On a vu mieux comme intrusion sur un nouveau marché. Concernant l'arrivée de l'iPhone sur le marché mobile, j'en conviens que son lancement semble plutôt réussi. Peu importe d'ailleurs la réussite ou non de l'intrusion dans un marché spécifique d'Apple, la grossière erreur qui est par la suite évoquée est la même que la précédente : l'iPhone n'est pas ouvert aux applications tierces. Le développement d'applications pour l'iPhone est certes simple puisqu'il s'agit d'applications en ligne s'apparentant à des simples sites Web, ce qui est certainement moins couteux en temps de développement qu'une application logicielle, mais qui comporte d'autres inconvénients bien plus handicapants. Encore une fois, ces applications ne sont PAS des programmes.

Ensuite, la vision de la guerre des navigateurs par l'auteur est quelque peu déplacée pour plusieurs raisons :

  • Premièrement, la guerre des navigateurs est une notion qui provient de l'affrontement entre Internet Explorer de Microsoft et Netscape. Il n'y avait alors sur le marché quasiment aucune alternative viable à ces deux navigateurs. Aujourd'hui, le contexte est tout à fait différent avec la présence de nombreuses alternatives minoritaires comme de poids contre IE qui est d'ailleurs obligé de rattraper son retard pour éviter de perdre trop de parts de marché.
  • Deuxièmement, si guerre des navigateurs il y a, elle s'effectue depuis belle lurette entre Firefox et IE, Safari n'arrivant que comme un cheveu sur la soupe. Safari n'est pas un acteur primordial de la navigation sur Internet, et la nouvelle mouture n'a, à mon avis, été développée que pour permettre le développement d'applications compatibles avec le version mobile embarquée dans l'iPhone.
  • Le marché de l'iPhone est un marché mobile et le Web mobile est à distinguer du Web traditionnel. Les utilisations et les utilisateurs sont différents. La consommation en elle même change, avec ses besoins, ses habitudes, etc. Impossible donc de concilier les deux pour en tirer une seule et même conclusion. Mélanger le marché des navigateurs mobiles et des navigateurs traditionnel est trop risqué et improbable.
  • Enfin, si Apple arrive à percer dans le domaine du Web, indépendamment des plateformes utilisées, il y aura alors trois acteurs pour le marché, dont deux seront réellement respecteux des standards (pour déterminer l'autre, suivez mon regard). La notion de guerre ne s'impose alors pas puisque le gain des parts de marché par des tels navigateurs n'est que bénéfique car cela permet de favoriser l'innovation et l'accessibilité de l'information sur l'Internet.

Pour conclure, je dirais que cet article basé selon le titre sur la guerre des navigateurs et donc sur l'arrivée de Safari 3 dans la savane des interfaces logiciels Toile/Utilisateur a totalement tort de se baser sur un raisonnement marketing centré sur l'iPhone. Il s'agit là de deux produits totalement distincts et liés uniquement par la technologie qu'ils ont en commun. Les stratégies sont différentes, à l'instar de leurs marchés respectifs, et ce n'est ni la réussite de l'un, ni celle de l'autre qui va faire exploser les ventes d'ordinateurs Mac. Carton jaune à Le Point pour cet article olé olé.

7 juin 2007

Netscape 9 : le retour d'un dinosaure...

Netscape Navigator, ça vous dit quelque chose ? Moi, ça me rappelle des tas de souvenirs, pas toujours très bons d'ailleurs. Si vous avez vécu la jeunesse du Web, qui n'était pas très dorée, vous avez eu vent de la guerre des navigateurs qui a sévit dans les années 1995-96, opposant les deux grands acteurs du marché qui étaient à l'époque le fameux Internet Explorer de Microsoft et le navigateur Netscape de la firme du même nom. Cette guerre a durée quelques années avant que la popularité de IE l'a définitivement poussé à s'imposer comme leader, jettant Netscape alors en version 4 aux oubliettes.

Le code de la nouvelle version de Netscape qui ne verra jamais le jour fut distribué en Open Source sous le compte de l'organisation Mozilla créée pour l'occasion, cette même organisation qui, après quelques années d'agencement de ce même code, donnera naissance au moteur de rendu célèbre nommé Gecko. Ce moteur servira alors de base à la création du navigateur Pheonix en 2002, renommé plus tard en Firebird puis en Firefox, nom sous lequel nous le connaissons aujourd'hui.

Mais si Netscape est l'ancêtre de Firefox, il n'en est pas pour autant mort. La version 5 ne verra certes jamais le jour, mais une version 6 naîtra en 2000 des améliorations venant des contributeurs au projet Mozilla. S'en suivront une version 7 en 2002 ainsi qu'une version 8 en 2005, ces versions n'ayant jamais connu le succès escompté. Cependant, hier a vu arriver sur le marché la neuvième version de Netscape Navigator, annoncée depuis février dernier.

Cette nouvelle version ne comporte pas de nouveautés extraordinaires, il s'agit d'une mise à niveau par rapport aux services proposés par ses concurrents. Son principal avantage est d'être multiplateformes. il comporte également quelques outils communautaires qui sont venus se greffer, permettant à l'utilisateur de partager ses opinions sur les sites visités. Basé sur le projet Mozilla, on aura du mal à ne pas voir la ressemblance flagrante avec Firefox, quelques petits plus en moins.

Du côté du support des standards du Web, je dirais que Nestcape 9 se pose au même point que Firefox 2. Il ne passe pas le test Acid2 que le prochain Firefox, doté du nouveau moteur Gecko, devrait passer sans soucis. Difficile toute fois de juger cet aspect du logiciel si ce n'est avec quelques tests que je n'ai pas eu le temps de faire. Enfin, je doute que cette nouvelle version prenne son envol, le logiciel étant supplanté de loin par son fork, j'ai nommé Firefox.

Il faudra à mon avis plus que cela pour regagner les parts de marché perdues avec les années. D'ailleurs, en faisant un petit tour du côté de mes statistiques, il s'avèrerait que moins d'un pourcent des visiteurs de ce sites soient sous Netscape, quelle que soit sa version et ce n'est pas cette version 9 qui va inverser la tendance. ;)

4 juin 2007

En vrac : Apple, Microsoft, Mozilla et Open Source...

Quoi de mieux qu'un petit "en vrac" pour mentionner les faits divers des derniers jours ? Rapide, concis et efficace, toute l'information est concentrée en quelques lignes et quelques liens, permettant au lecteur de se focaliser sur ses centres d'intérêts. Finalement, je vais peut-être me reconvertir à l'usage unique du "en vrac" moi. Comment ça nan ? Ha bon...

  • On commence de suite avec une actu qui commence à dater : quand Bilou et Stevou jouent à chien et chat ça donne une conférence sympa. Tantôt partenaires commerciaux, tantôt en concurrence rude, les deux compères respectivement à la tête de Microsoft et d'Apple, j'ai nommés Bill Gates et Steve Jobs, se sont rencontrés sur un plateau télé pour une petite rétrospective et confrontation de leurs points de vue respectifs. Difficile de savoir si c'est du lard ou du cochon, mais en tout ça ça ne peut qu'être intéressant. ;)
  • Tant qu'à parler d'Apple, difficile de ne pas mentionner la sortie prochaine de l'iPhone. En effet, le téléphone, iPod, agenda électronique et machine à tout faire de la marque à la pomme d'argent est annoncé pour le 29 Juin aux USA. Les publicités vidéos sont d'ailleurs en ligne depuis peu. Je vous laisse les découvrir. Pour ce qui est de l'Europe et plus particulièrement de la France, la sortie devrait se faire courant Octobre, ce qui laisse encore quelques mois pour économiser les quelques 500 à 600 dollars que coûtera l'engin. Je le veux bien, mais en gratuit moi. ;)
  • Je vous ai parlé hier de Google Gear, le nouveau service de Google permettant de profiter de ses applications "Web 2.0" préférées hors ligne. Firefox 3, la prochaine version majeure du célèbre navigateur de Mozilla devrait intégrer un service de ce type mais réfléchit actuellement à l'intégration de la solution de Google. En effet, malgré le fait que cette fonctionnalité soit prévue de longue date, aucune solution définitive n'était encore retenue, ce qui pousse la Mozilla Foundation à prendre en considération cette nouvelle technologie. Cependant, rien ne garantit que cette dernière sera supportée et encore moins intégrée à Firefox 3, d'autres solutions étant à l'heure actuelle en cours de développement par divers contributeurs. Affaire à suivre donc.
  • Enfin, d'après une étude récente, le logiciel Open Source devrait générer 5.8 milliards de dollars de revenus d'ici quatre ans[1]. L'Open Source qui, je le rappelle, n'est pas forcément toujours gratuit, permet de s'affranchir de nombreuses contraintes imposées par le logiciel privateur, notamment au niveau de la maintenance et de la mise à jour en plus de permettre une modularité nécessaire au bon fonctionnement de nombreuses entreprises. Ces avantages devraient faire de ce marché un marché en pleine expansion dans les prochaines années au grand damne des fournisseurs de logiciels propriétaires.

L'actualité des deux ou trois derniers jours est, comme vous pouvez le constater, assez riche en anecdotes sans qu'aucune ne se démarque assez du lot pour mériter un véritable billet digne de ce nom. Il n'y a toujours rien de bien palpitant sur le net en ce moment, rien qui n'entraîne vraiment la fureur des blogueurs, si ce n'est encore et toujours Twitter qui a l'art de faire jaser. Tiens, d'ailleurs en parlant de ça, un billet sur le pourquoi du comment de Twitter avec mon opinion d'utilisateur ça vous dit ou pas ? :)

Notes

[1] Attention toute fois de ne pas confondre Open Source et Logiciel Libre qui sont deux philosophies différentes.

21 janvier 2007

Quand les navigateurs se mettent à la pub...

Si vous entretenez un minimum de veille dans le domaine des technologies web et principalement des navigateurs, vous avez du apercevoir, de près comme de loin, un des spots de pub amateurs issus du concours Firefox Flicks dont voici un exemple :

Mais la fondation Mozilla n'est pas la seule à faire sa campagne de pub, Microsoft a du répondant avec la pub suivante qui, à défaut d'être convainquante, est assez originale :

Au moins, une chose est sure, c'est que l'activité des bénévoles acteurs du logiciel libre rivalise avec les budgets faramineux de Bill. Quand on vous dit que l'argent n'est rien face aux idéologies. ;)

Via le blog du Club Internet du Collège Louis Aragon, dont les enseignants ont compris que le blog pouvait être un véritable outil éducatif. Bravo aux auteurs de ce blog très sympatique. :)

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