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Tribulations d'un geek...

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25 septembre 2008

Hiérarchie blogosphérique

Le sujet de prédilection sur la blogosphère est sans conteste le classement des blogs. Nombreux s'y sont essayés avec des paramètres et des finalités plus ou moins différents mais beaucoup y ont perdu des plumes à coups de critiques infondées et de débats stériles. Malgré cela, le question de la hiérarchisation des blogs mérite qu'on s'y attarde quelque peu c'est d'ailleurs ce pourquoi je suis avec attention le Wikio Labs et les billets qui s'y rattachent. Tâchons d'aborder le sujet d'une manière un peu différente.

Classement de jeu d'échecs

Tout d'abord, lorsque l'on parle de classement, il est nécessaire de préciser les paramètres qui permettent son élaboration et ces derniers peuvent, comme Vicnent l'a fort bien démontré, être très nombreux. Cette précision est souvent omise au profit d'un qualificatif aux propriétés polymorphes à tel point qu'on arrive à le retrouver dans de nombreux débats ayant une quelconque relation avec les blogs : l'influence. Le mot est lâché.

La définition inexistante d'un critère des plus abstraits servant pourtant de base à de nombreux classements peut difficilement amener à l'établissement d'une hiérarchie quelle qu'elle soit; ainsi, ce sont des critères bien plus concret et facilement mesurables qui sont mis en jeux et regroupé sous le vague terme "d'influence". Voilà donc le bilan de la situation actuelle : des critères arbitrairement choisis établissent un classement de blogs à l'aide d'une machinerie plus ou moins opaque (plutôt plus que moins d'ailleurs) auquel nous sommes censés nous référer aveuglément.

Mais avant d'aborder le comment, j'aurais peut-être du m'orienter vers le pourquoi de la chose. La question est simple et claire : pourquoi classons-nous les blogs ? Il est une réponse qui revient alors fréquemment : pour faciliter la découverte de nouveaux blogs spécialisés dans un domaine particulier. Soit. Mais plus généralement, pourquoi effectuons nous des classements ? On classe des personnes à un examen de manière à déterminer lequel des participants est le meilleur; on classe des cartes pour mettre en place une relation de domination entre elles qui servira lors d'une phase de jeu, etc.

Mais retrouve-t-on dans la blogosphère cette relation de supériorité ou de domination ? Clairement, elle n'a pas lieu d'être. Le classement des blogs s'apparente plutôt à un Top 50 des ventes d'albums. Cependant, est-ce la présence d'un album dans le Top 50 qui détermine mon achat ou simplement mes préférences pour ce type de musique ou pour cet artiste ? A mon avis, la relation de cause à effet s'établit plutôt dans l'autre sens : l'album est dans le Top 50 parce que je l'ai aimé et que je l'ai donc acheté. Ce n'est pas sa présence dans le Top 50 qui est à l'origine de mon achat.

La situation est analogue pour les blogs puisqu'on tente là de classer quelque chose de totalement subjectif dépendant des centres d'intérêts tout autant que des goûts et opinions de chacun. Le classement n'est ainsi pas la solution la plus pertinente pour suggérer du contenu à un utilisateur quel qu'un soit pour la bonne et simple raison que les critères utilisés pour sa réalisation ne sont pas adéquats. Ce n'est pas parce qu'un journal est le plus lu de France que vous devez le lire : il en est de même pour un blog. Il est ainsi nécessaire de redéfinir la suggestion de lectures indépendamment de toute forme de classement, mais comment ? Si jusqu'à présent l'analogie avec les produits culturels tels que les livres ou encore la musique fut appropriée, tentons de la poursuivre jusqu'au bout.

S'il est un modèle qui m'a conquis pour la suggestion de musique en ligne, c'est bien le concept de Pandora du temps où ce service était accessible depuis la France. Je vais donc tâcher de l'expliquer rapidement et simplement pour ceux qui ne le connaissent pas : il s'agit d'une interface sur laquelle on recherche un nom d'artiste ou de chanson et qui nous suggère automatiquement des artistes similaires, aussi bien connus qu'inconnus. Bien entendu, il arrive que l'on n'aime pas certaines propositions qui nous sont faites : alors, on le signale et le service apprend à satisfaire nos goûts, si bien qu'après quelques temps d'utilisation, il ne nous propose que de la musique que l'on aime (sans fausse note aucune) et nous fait découvrir de nombreux artistes.

La suggestion de blogs évolutive et autodidacte serait à mon avis une solution plus qu'intéressante pour répondre au besoin exprimé. Il "suffirait" de constituer une base de données assez complète comportant différents paramètres auxquels on affecterait un poids différent en fonction des préférences de l'utilisateur. C'est ici quasiment la seule méthode qui permet de faire entrer en jeu de nombreux paramètres à la fois pour se rapprocher au plus du profil consommateur de l'utilisateur. A l'image de Pandora qui suggère des chansons avant le même tempo, basés sur les mêmes instrumentaux et le même style, il serait ainsi possible de présenter des blogs avec des caractéristiques identiques (type de contenus, sujets abordés, mot-clés, ...).

Il s'agit donc ici non pas de dénoncer l'absurdité des classement existants, mais tout d'abord de démontrer que leurs fondations ne sont pas solides en l'état actuel de choses et que la finalité revendiquée n'est pas la finalité effective de cette hiérarchisation. La suggestion de blogs doit s'effectuer indépendamment des classements quels qu'ils soient. La découverte doit en effet, pour se faire de manière relativement efficace, prendre en compte des paramètres bien plus nombreux qui seront définis indirectement par les préférences utilisateurs au fur et à mesure de l'usage du service. A ma connaissance, le créneau est libre pour le moment : je crois qu'il y a un beau coup à jouer pour celui qui arrivera à mettre en place un tel service. A bon entendeur...

19 octobre 2007

Le pouvoir ne passe pas par les blogs...

Le blog n'est pas le cinquième pouvoir car le blog n'est pas un pouvoir : il n'en n'est que l'expression, ce qui, en soit, n'est déjà pas si mal ! Le blog n'a pas plus de pouvoir que ce qu'il a d'influence, idée faussement propagée par des blogueurs en mal de flatteries sur laquelle vous connaissez déjà mon avis des plus immuables.

Le blog n'est pas le pouvoir mais est le biais par lequel le pouvoir se manifeste. Et si la confusion entre les deux est si fréquente, c'est tout simplement parce qu'un pouvoir ne s'exprime que lorsqu'il en a l'occasion : soit principalement dans la contestation. Or, le blog est le vecteur idéal à la manifestation de ce même pouvoir en cela qu'il rend immédiatement compte de l'opinion personnelle comme collective à un public qui y est attentif puisqu'il s'agit de l'information qu'il cherche à travers la lecture des blogs.

Ainsi, le pouvoir n'est pas le blog en lui même mais le citoyen ou le consommateur qui est acteur du blog. Le blog n'a pas inventé l'influence de masse, les mouvements collectifs ou tous ces types de manifestations qui servent généralement à caractériser son pouvoir : tout cela existait déjà bien avant le blog. Le journal en ligne a juste permis d'accélérer les choses en permettant une réaction spontanée et bien souvent plus libre, car il est bien connu que le pseudo-anonymat du net délie les langues.

Si vous prenez l'exemple de la pub Powéo que vous n'avez pû râter si vous étiez connecté dernièrement : il s'agissait d'une publicité mise en ligne sur internet mettant en jeu Sébastien Chabal qui, pour puiser son énergie, se rechargeait les batteries en mettant les doigts dans une prise. Cette publicité fut jugée (à raison) dangereuse pour les ch'tits n'enfants qui, prenant généralement modèle sur leurs idoles dont le rugbyman fait désormais partie, seraient sujets à répéter ce comportement dangereux.

Cette pub fut certes retirée après seulement trois jours de mise en circulation, après pression auprès de la marque, mais c'est moins grâce aux blogs qui ont appelé au boycott de cette vidéo que grâce au pouvoir du consommateur qui jugeait cette publicité fort mal pensée que cela a été rendu possible. Quoi qu'il en soit, que le blog ait servi ou non d'intermédiaire dans cette histoire, la finalité aurait été la même pour toute entreprise concernée un tant soit peu par l'image qu'elle véhicule, la contestation étant, elle, toujours présente. Si la contestation ne venait pas des consommateurs, la marque n'aurait eu que faire des remarques des blogueurs : après tout, une campagne de pub coûte cher, alors n'imaginons même pas que l'on puisse l'annuler !

Ainsi, laissez crier les blogueurs à la victoire et à la suprématie du pouvoir des blogs après avoir obtenu satisfaction sur cette affaire n'a aucun sens. Autant il est indéniable que le blog a permis d'accélérer le délai de réaction de l'entreprise par rapport au bruit qui s'est très vite propagé, autant on ne peut assimiler cette rapidité au pouvoir des blogs. Tout au plus, il s'agit d'une caractéristique liée à l'emploi de ce média pour affirmer le pouvoir qui est le notre, citoyens et consommateurs, mais loin de créer ce pouvoir, ce média le véhicule uniquement et en permet une expression plus aisée.

3 août 2007

CL2ADVB : Arrêtez donc de nous narguer avec vos vacances !

Et patati des vacances par ci, et patata des vacances par là[1]... Les mois de juillet et août sont les mois de départs en vacances. Il y a les gens qui retournent à leurs origines, ceux qui vont à la montagne, d'autres encore qui préfèrent la mer, sans compter ceux qui s'expatrient le temps d'une semaine ou deux, voire même un mois pour les plus chanceux d'entre eux à l'étranger. Chaque année c'est la même chose, les mêmes personnes qui nous narguent avec leurs voyages au soleil, leurs grâces mat' jusque 12h et après-midis farniente. Moi je dis STOP !

Comité de Lutte Anti Avertissement des Départs en Vacances sur les Blogs

Stop à quoi ? Stop à tout ceux qui rappellent au gens qui triment que certains se la coulent douce, et ce partout où on aille : dans la presse, à la télévision, à la radio, sur les blogs et même dans les discussions de tous les jours (surtout au boulot). Nobles gens blogueurs, lecteurs, podcasteurs, rédacteurs, journalisteurs ou que sais-je encore, ayez pitié de nous, populace démunie qui ne peut pas partir en vacances cette année. Nous, qui sommes obligés de faire fonctionner la boutique pensant que vous partez vous faire dorer la pilule...

Certes, ce n'est pas toujours méchant et il reste même parfois quelques bonnes âmes pour penser à nous (voir panser notre gros chagrin dans ce cas précis)[2]. Quoi qu'il en soit, les "Tiens t'es rudement blanc, tu pars quand en vacances", "Ouf, plus qu'une semaine et je me sauve", "La piscine de ma location m'attend demain" ou les "Ca y est, j'ai mon visa" vous hérissent le poil alors que vos vous efforcez de paraître super content pour votre interlocuteur en rétorquant un "Cool !" qui vous fait grincer des dents.

Moi je suis pour l'instauration du remplacement des néons classique par des néons à UV pendant la période estivale pour éliminer les discriminations vacancières. Je suis également pour l'instauration des 23h37 de travail par semaine, le reste étant réservé à la maçonnerie pour la fabrication de la piscine dans le jardin, sur le balcon ou même sur le toît du domicile du personnel. Je milite également contre le routinier message de prévention de congés bloguesques estivaux. Enfin, je milite pour que ceux qui partent en vacances me payent des vacances aux Baléares.

Pour soutenir toutes ces causes, j'ai décidé de monter une Commission de Lutte Anti Avertissement de Départs en Vacances sur les Blogs (ou CL2ADVB pour les intimes). Alors si vous aussi vous êtes blogueur, lecteur, et que vous ne partez pas en vacances cette année, adhérez à cette noble cause en diffusant la bannière ci-dessus ! (Bannière disponible chez les Influenceurs) Je listerai ci-dessous tous les participants à ce mouvement révolutionnaire qui restera gravé à jamais dans l'histoire de la blogotruc. Amis connectés et bosseurs, rejoignez nous ! Notre mouvement comptabilise déjà plus de 1000 1 personne(s).

PS : Bien évidemment, toutes ces conditions ne seraient valables que les années pendant lesquelles je n'aurai pas la possibilité de partir en vacances, pour les autres années, faut pas abuser, hein.

Notes

[1] Ou encore , , , voire là et même là tant qu'on y est...

[2] Ce qui ne l'empêche pas de nous trahir par derrière ! Snif.

28 février 2007

[Il était une fois] Les blogs démarraient des conversations...

Si vous lisez ce blog, vous êtes un humain qui a atterri sur la blogosphère et qui a quelque peu exploré cette terre étrange. Dans ce cas, vous connaissez, du moins de nom, Loïc le Meur, roi des blogueurs à ses heures et auto-qualifié de sérial-entrepreneur. Le blogueur français le plus populaire, bien qu'il soit tout autant impopulaire à cause de cette popularité (vous me suivez toujours ?) voit ses fans et ses non-fans se déchainer chaque jour dans les commentaires de son blog. Ou plutôt "voyait" avant qu'il ne décide hier soir de fermer "temporairement" ses commentaires.

Avant d'essayer de comprendre la suite de cette histoire, il faut savoir qu'un blogueur est responsable devant la loi des propos tenus sur son blog et même de ceux tenus par ses visiteurs en commentaires de ses articles. Seulement, quand on passe le cap des quelques centaines de commentaires par jour, difficile de tout contrôler. Aux trolls habituels sont venus se rajouter les trolls politiques, car en France nous sommes victimes de nos propres choix et engagements surtout lors qu'ils sont assumés publiquement. Ajoutez y les spams, les commentaires publicitaires, les demandes d'avocats de retirer tel ou tel commentaire et vous comprenez le calvaire du blogueur le plus influent de France (selon des sondages plus ou moins fiables mais qui font plaisir à certains egos).

Triste nouvelle pour les commentateurs de tous poils, les commentaires du blog de Le Meur sont, à son grand regret, temporairement clos, en attendant de trouver une solutions plus appropriée. Certains regardent d'un air moqueur le slogan qui jonche la bannière du blog : Les médias traditionnels diffusent des messages. Les blogs démarrent des conversations. Effectivement, les conversations sans moyen de converser, c'est un concept un peu difficile à saisir pour certains. Alors le blog aux 40 000 commentaires ne se verrait pas passer la barre de la dix-millième de panégyriques supplémentaire ? Non. Enfin pas sous cette forme, car c'est sous estimer le pape des blogs que de le donner perdant à ce stade. Personne ne l'a encore achevé et c'est pas près d'arriver.

La nouvelle solution qu'a trouvé notre ami à nous tous parce que nous le valons bien, n'est rien d'autre que le retour aux sources. Le blog avant le blog, le Web 2.0 avant même le Web 0.5 : Usenet. Vous ne saviez pas que ça existait encore ou vous ne savez tout simplement pas ce que c'est ? C'est simple comme Google et c'est repris par bonjour (et inversement) sous le nom Google Groups. C'est simple, pratique et efficace. Loïc le Meur va-t-il lancer une nouvelle mode ? Cela était-il finalement prémédité dans le but de monter un nouveau service Internet basé sur un nouveau marché vierge ? Difficile à dire. En tout cas on savait que l'homme descendait du singe, mais il était difficile de prévoir qu'il regrimperait un jour aux branches.

PS : La rédaction fait part de ses sincères condoléances à M. le Meur, sa femme et ses enfants pour le triste incident qui s'est produit, entrainant la mort d'un blog et de ses 40 000 commentaires. La délocalisation de l'activité de leur firme dans des pays sous développés risque de faire couler beaucoup d'encre et nous les encourageons dans ce geste risqué qui permettrait de faire revivre une nouvelle ruée vers l'usenet similaire à la précédente ruée vers les blogs. L'émergence d'un nouveau marché permettrait de laisser place à de nouveaux acteurs qui ont actuellement besoin d'émerger dans le secteur de l'internet. Merci de cet engagement auprès des entrepreneurs du monde entier.

30 octobre 2006

La soupe à la baleine... heu balise...

Rien de bien intéressant aujourd'hui : une faible activité blogosphérique. J'en profite donc pour écouter les prestations des intervenants à Paris Web 2006. Entre le très pédagogue Laurent Denis, le très pro Elie Sloïm, l'irremplaçable Tristan Nitot et le très vif Daniel Glazman (et son terrible canard qui résonne dans toute la blogosphère)[1] on ne s'ennuie pas et j'apprends beaucoup ou du moins je conforte les positions qui étaient déjà miennes.

Du coup, en les écoutant, j'ai repassé la nouvelle version du site au crible de Mon Opquast, et j'ai fait quelques modifications que je n'avais pas eu le temps de faire avant, bref rien de bien méchant. Je profite de ce moment de calme pour réfléchir à cette réinvention probable du HTML, ou du moins son évolution incrémentale, dont j'ai parlé hier pour comprendre ce qui peut la motiver. Mes propos "opposants" (ça se dt ?) se trouvent difficilement modérés par quelques arguments que je trouve ici ou là.

En attendant j'ai navigué toute la soirée dans une soupe à la balise assez délectable étant donnée qu'elle n'est constituée que d'accessibilité et de bonnes pratiques. Il ne manquerait plus que je m'attèle à la lecture des drafts XHTML2 et j'aurais passé une soirée standardistiquement correcte. Comment ça la geekitude se manifeste chez moi dans un état fort avancé ? Bah la faute à mon satané bzflag qui veut pas marcher...

Notes

[1] J'en passe et des meilleurs : Laurent Gloaguen (mais non ta présentation n'est pas nulle !), Denis Boudreau, Karl Dubost, ...

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