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Tribulations d'un geek...

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4 avril 2009

Straight Forward

Dernier jour de cours. Un peu mal au crâne à cause des excès de la veille et un peu à la bourre après un réveil difficile. Peu de personnes présentes lors des premières heures de cours : la soirée de la veille a laissé quelques places vacantes et quelques cernes sous les yeux des quelques personnes présentes. C’est parti pour deux heures de physique, puis pour deux heures de mathématiques, comme quasiment chaque matin depuis la rentrée de septembre.

Après chaque cours, nous avons le droit à un petit laïus des professeurs sur l’organisation et l’hygiène de vie que nous avons grand intérêt à respecter pendant les quelques semaines à venir. Le pot de fin d’année s’annonce alors que midi approche. On sort les verres, les bouteilles de champagne, les amuse-gueules et autres cochonneries destinées à nous emplir le ventre dans cette salle de classe transformée l’espace d’un instant en un précaire banquet.

Alors que l’on s’attendait à de la joie, des rires et des larmes, arrosées par quelques rayons de soleil comme ce fut le cas en juillet dernier à la fin de la sup’, l’ambiance est fort étrange en ce jour si spécial. Derrière quelques rictus se cachent l’amertume, les regrets, la nostalgie et parfois même l’angoisse : l’avenir qui se dessine de plus en plus clairement sous nos yeux reste bien flou. Les concours approchent à grand pas et peu importe que l’on souhaite une simple admissibilité pour rejoindre la fac, que l’on ait envie d’intégrer par tous les moyens pour quitter la prépa coûte que coûte ou que l’on souhaite obtenir une école qui nous tient vraiment à coeur, l’obsession des épreuves qui arrivent est visible dans tous les yeux ou presque.

Ces deux années, qui nous paraissaient être une éternité lors de notre arrivée ici, qui parfois nous semblèrent une épreuve aussi insurmontable qu’interminable arrivent désormais à leur terme, laissant place à un amas d’acronymes qui se ressemblent tous ENSGI, ENSIETA, ENST, tout cela peut paraître bien complexe pour le commun des mortel, mais rassurez-vous, ça l’est aussi pour le taupin ordinaire lâché dans la jungle des écoles. Résonnent également des noms à la consonance moins lointaine puisqu’il s’agit d’intitulés de concours : e3a, CCP, Centrale, Mines ou que sais-je encore. Plus que deux semaines pour revoir le programme parcouru en deux années bien remplies et l’on se jette à l’eau, le concours Mines-Ponts en tête. Cela promet…

Enfin et surtout, dans les yeux de chacun on peut facilement déceler l’espoir d’un dessein conforme à ses aspirations couplé à la tristesse de ne pas revoir certaines personnes. Car au delà de toutes les difficultés surmontées, de la charge de travail et de toutes les connaissances assimilées, la prépa est avant tout une expérience humaine, faite de rencontres extra-ordinaires. Des professeurs incroyablement proches des élèves aux amis avec qui on a partagé la folie engendrée par cette aventure, tous resteront gravés à jamais dans notre tête à côté de souvenirs inoubliables et de délires inavouables.

Tout ceci a contribué à forger ce que nous sommes tous devenus aujourd’hui. La prépa est une expérience qui ne laisse ni indemnes, ni indifférents ceux qui la suivent. Une expérience à vivre assurément que je ne regretterai jamais. Il faut cependant aller de l’avant désormais et l’ambition sera mon principal moteur pour les semaines à venir. Si jamais elle se soldait par un échec, caractérisé par le fait d’avoir visé une école peut-être inaccessible au niveau qui est le mien, ce dernier ne serait que temporaire car je pense que je n’hésiterai pas à re-signer pour une année, de manière à obtenir ce qui me tient à coeur. Car au delà de l’ambition qui est mienne, se cache l’obstination.

Mais désormais je dois oublier tout ce dont je viens de vous parler pour me concentrer sur l’essentiel. Désormais je dois courir, droit devant, jusqu’à la ligne d’arrivée sans même me préoccuper de mon temps ou de ma place, juste en donnant le meilleur de moi-même. Il sera bien temps de se préoccuper de mes performances après la course. Juste une petite course de 5 semaines. Ce n’est pas grand chose après tout… ;-)

19 juillet 2007

La mort du Web est amorcée...

Mouche morte

Le 15 Janvier 2009, Paris

Cela fait désormais plusieurs mois que nous tentons d'oublier définitivement le mot "Web" qui nous a porté pendant tant d'années à travers des expériences tout aussi variées qu'enrichissantes, voire même chiantes. Nous sommes en 2009, le Web a fini sa descente aux enfers et notre ciel s'est obscurci depuis sa disparition. Personne ou presque ne l'a regretté à part quelques scientifiques ou quelques illuminés chevelus et irresponsables qui nous vendent aujourd'hui leurs prophéties sur une ère qu'il qualifient déjà d'inculturelle.

Tout a commencé en l'an 2007. L'été commençait à poser difficilement ses marques et comme chaque année, la blogosphère a vu son rythme de publication diminuer. Quelques avant-gardistes attiraient déjà à l'époque l'attention sur ce phénomène qu'il considéraient comme tragique et ce chaque année depuis la naissance du cinquième pouvoir. Les geeks boutonneux ou blogueurs en manque de panégyriques pendant cette période d'absence de commentaires, leurs auteurs étant partis en vacances, ont à leur tour décidé, pour la première fois en 35 ans (source Mediametrie : moyenne d'age des blogueurs français en 2007), de découvrir ce qu'ils appelaient la Real Life.

Il fut difficile pour eux d'affronter le soleil, la seule lumière qu'il apercevaient jusqu'alors étant celle de leur écran, bien souvent allumé à la page de leur outil de mesure d'audience ou de gestion de leurs commentaires. Une fois les commentateurs revenus, ce fut donc les blogueurs qui furent partis découvrir les joies de l'herbe, du vent et des coups de soleil. Les blogs là encore restèrent muets. Puis, ce mouvement se généralisa à l'ensemble des services de l'auto-proclamé Web 2.0. Wikipédia fut rapidement atteint d'une paralysie quasi-générale.

Les VCs spécialisés dans le business du Web furent bientôt victime d'une surabondance de leurs cartes de visites, commandées jusqu'à présent mensuellement par milliers. Mêmes les quelques blogueurs réfractaires n'arrivaient pas à revendre leurs cartes dernier cri sur lesquelles il y avait écrit en gros leur numéro de compte bancaire, surplombé de la mention "Blogueur Influent". L'économie de l'Internet vint à d'effondrer. La publicité sur les blogs ne rapporta plus que quelques dizaines d'euros mensuels à Eric Dupin[1] qui a fait faillite en ayant côté en bourse son site peu avant l'effondrement du marché.

Les Digg-like, sont morts, les canaux IRC se sont vus désertés, le mail est une chose dont on ignore aujourd'hui l'existence. La VoIP s'est vue concurrencée par le nouveau TGV : un allez-retour à l'autre bout de la France coûte désormais moins cher qu'un abonnement Internet. Les supports de stockage des données ont été retirés petit à petit du réseau, leur coût d'entretien devenant cinq fois supérieur à celui des revenus qu'ils rapportaient alors. Petit à petit, les données disparurent jusqu'à ce que la toile s'effondre d'elle même.

Vous qui êtes du passé, vous vous demandez surement ce que peuvent désormais faire le gens pour occuper leur temps libre et satisfaire leur égo sur-dimensionné : c'est simple, ils se font des amis, sortent, s'amusent, jardinent, découvrent la vraie vie. Je vous affirme désormais que les visionnaires qui s'inquiètent du devenir de la blogosphère à votre époque ont non seulement raison, mais sont encore loin du compte. Pour moi, le Web est mort, pour vous, il est en fin de vie : la reconversion est amorcée, il est déjà trop tard.

Notes

[1] Un lien par jour j'ai dit ! Je m'y tiendrai !

19 janvier 2007

Hommage à un ténor

Après des plus de six ans de blogging, Karl Dubost, blogueur, poète, photographe, technicien et standardiste chevronné ferme les portes de sa grange un 31 décembre 2006. Voilà seulement quelques jours que son flux est mis à jour, décalage entre le Japon et la France oblige. Il nous remercie, mais c'est en réalité à nous de le remercier pour toutes ces années de pur bonheur. Un au revoir avec grâce... :)

22 décembre 2006

La fin des blog : l'ultimatum est-il lancé ?

No Man's landSelon certains, 2007 serait l'ère de l'apogée des blogs, mais aussi du début de leur déclin. Un article publié par PC Inpact sur le sujet dénonce les problèmes soulevés par les blogs qui sont nombreux à ne pas être mis à jour, ou qui sont perdus parmi la masse d'autres blogs, parfois d'intérêts communs mais souvent divergents. Le désintérêt des gens pour le blogging s'effectuerait à un moment où les gens commencent seulement à prendre en compte leur richesse et à les consulter régulièrement.

Pour ma part, je vois la chose différemment. Il ne s'agirait pas de la disparition ou du déclin des blogs, mais d'un retour à la normale après l'explosion de l'avènement de ce nouveau média aux yeux du grand public couplé à un caractère évolutif toujours très accentué. Deux facteurs qui font du Web ce qu'il est aujourd'hui, initié par les geeks qui défrichent le terrain tout en l'aménageant pour qu'il soit utilisable pour tout à chacun.

L'explosion des blogs a commencé depuis un bon moment déjà, mais ce n'est véritablement que cette année, du moins à mes yeux, qu'il ne sont plus ignorés par les médias dits "traditionnels". On se rend compte de leur pouvoir informatif. Je ne me complairai pas à dire que le blog est un vecteur d'influence plus qu'un autre, ce n'est là que pacotille inventé par quelques uns d'entre nous en mal d'égo.

L'engouement médiatique qui s'est amorcé autour de ce microcosme appelé justement blogosphère va croissant et ne va s'atténuer que lorsque le sujet sera épuisé et que parler des blogs sera d'une telle banalité que l'audience ne sera plus au rendez-vous. Il faudra alors trouver un autre sujet qui ne révèlera son potentiel que sous les feux de la rampe. Et le retour à la normale sera bien présente.

Certes, on sera alors dans une sphère beaucoup plus populaire qu'avant cette médiatisation, moins fermée surement, mais affectée par tous les aspects aussi bien positifs que négatifs de cette popularité. D'où la présence d'un nouveau détachement par rapport à ce qu'on pourra y trouver, comme il est question aujourd'hui dans notre rapport au média traditionnel.

Mais comme tout outil du Web qui se respecte, le blog est évolutif et c'est là sa plus grande force qui fera qu'il ne tombera pas dans l'oubli. Comme il l'a fait depuis ses prémices, l'outil de blog évoluera sans cesse, à l'image de ses utilisateurs. Regardez le panorama bloguesque d'il y a 5 ans et celui d'aujourd'hui. La différence est flagrante : de l'apparition des désormais classiques "Tags" à l'apparition du contenu vidéo, rien n'est fixe sur le net. Le blog évolue à l'image du blogueur.

Enfin, je prédis (et je ne suis pas le premier à le faire) un nouveau cap de la diffusion d'information sur l'internet. Les geeks et autres personnes impliquées dans cette blogosphère ne trouveront plus leur compte dans cette popularition de ce média. Comme ils l'ont fait pour Usenet, ils partiront vers un nouveau type de diffusion précurseur et qui sera à son tour investi par le grand public quelques années après non sans quelques aménagements, et ainsi de suite. C'est un éternel recommencement.

Mais quoi qu'il en soit, 2007 ne marquera pas la mort des blogs, juste la fin de l'ascension de popularité de ce média qui deviendra non seulement banal mais délaissé par les médias traditionnels. Il faudra attendre quelques années avant de voir venir un nouveau mode de diffusion dont l'orientation sera toute autre. ;)