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Tribulations d'un geek...

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29 juillet 2009

Supprimez le copyright, rendez-nous le droit d'auteur !

Au mon dieu, un énième billet d’hérétique qui souhaite télécharger impunément et gratuitement sans rien devoir à personne. Hum, mais le seconde partie de son titre m’intrigue : contre le copyright, mais pour le droit d’auteur ? C’est pas la même chose ?

Sans faire ici un cours d’économie (je serais d’ailleurs mal placé pour en faire un), il faut malgré tout mettre en place quelques notions. Distinguons d’abord la valeur d’un objet et son coût. La valeur d’un objet n’est autre qu’une donnée subjective faite d’un amalgame de différents paramètres. L’affection, et la nécessité font partie de ces paramètres qui définissent la valeur d’un objet. Le coût d’un objet est la quantité monétaire à débourser pour prendre possession de l’objet.

Nous vivons dans un monde où cohabitent deux économies très distinctes[1] :

  • La première est basée sur la rareté. Le principe est simple : prenez un bien matériel, plus il est rare, plus sa valeur originelle est haute. Si sa valeur augmente, son coût va irrémédiablement augmenter. Plus important encore, si je donne cet objet à quelqu’un, du fait de sa rareté, je m’en dépossède : je n’en jouis plus. Supposons cette fois que je duplique cet objet : son coût va cette fois diminuer, même si la valeur de la copie est identique à celle de l’original.
  • La seconde est quant à elle basée sur la duplication des biens immatériels. Prenez un amas de données : un e-book, une musique dématérialisée, et copiez la pour la redistribuer. Plus cet objet est partagé, plus il a de valeur. Qui oserait dire qu’une idée ou une musique n’a pas vocation à être partagée ou entendue ? Cette fois, si la valeur augmente avec la diffusion, le coût n’a quant à lui aucune raison d’augmenter de par l’abondance de l’objet dématérialisé et de par le fait que la copie n’apporte aucune valeur ajoutée à l’originale pour celui qui la détient.

Au débuts de la musique, les albums, les livres et autres objets culturels étaient matériels : ils obéissaient donc à l’économie de la rareté. Enfin, pas eux à proprement parler, mais leur support physique. Aujourd’hui, l’avènement des e-books et autres MP3 a conduit à la libération du contenu de son support matériel; ainsi, il n’obéit plus à la même économie, puisque dès lors que la copie devient possible facilement, sans coût de production supplémentaire, l’objet passe directement dans l’économie de l’abondance.

Or, c’est pour empêcher le passage à cette nouvelle économie qu’ils ne maîtrisent pas que les majors et autres lobbies ont imposé le copyright[2]. D’abord avec les DRM sur les CDs, ensuite avec les mesures anti-piratage avec les formats dématérialisés. En limitant la copie, on reste sur une économie de rareté que l’on continue à maîtriser un minimum.

Mettons les choses au clair : j’ai moi aussi, comme la majorité des jeunes de mon age, copié illégalement des CDs de musique. A vrai dire, il n’y a eu au cours de ma courte vie qu’une seule protection anti-copie qui m’ait résisté et comble de l’ironie, c’était pour faire une copie de sauvegarde d’un CD acheté légalement. Je n’appelle pas ça du "piratage" car le mot est inapproprié : je n’ai dépossédé personne, ce n’est donc pas du vol.

Mais allons un peu plus loin : l’art des majors est d’instaurer et de maintenir un fossé entre valeur, coût et prix qui les rende (largement) bénéficiaires. Ils s’arrangent pour que les coûts de production soient faibles et que la valeur reste le plus haut possible pour justifier un prix élevé et assurer une marge (prix - coût) la plus grande possible.

En ce qui concerne les nouveaux supports dématérialisés, le client n’est pas dupe : de la production à la distribution en passant par le marketing, les coûts de réalisation d’un nouvel album sont bien moindres. Du coup, le consommateur exige un prix plus bas que celui annoncé par les majors qui, de leur côté, conservent les prix au plus haut pour leur propre confort.

Pendant ce temps, le grand perdant est l’artiste qui n’a que quelques miettes à se mettre sous la dents. En effet, rappelez vous, les majors tirent les coûts vers le bas, ce qui inclut les rémunérations des artistes. Et là encore essayons d’être un peu limpide : aucun amateur de musique ne souhaite la mort d’un artiste, aussi mauvais soit-il ! Nous sommes fiers de notre diversité culturelle…

Il faut donc que l’industrie s’adapte à cette nouvelle économie. Comment ? En imaginant de nouveaux modèles économiques associés à cette économie de l’abondance. Il ne faut pas s’élever contre la duplication des contenus car c’est la pire des choses qu’un artiste puisse souhaiter : le copyright tue la musique en empêchant sa diffusion.

Par contre, il faut respecter le droit d’auteur et le renforcer. Les mesures d’écoute à la demande comme Spotify ou Deezer sont les premiers pas vers des rémunérations alternatives pour les auteurs, d’autres s’affirmeront au fil du temps. Mais empêcher le téléchargement sous prétexte que l’offre légale en streaming existe en quantité suffisante est totalement absurde !

En effet, il ne s’agit que de streaming qui ne couvre pas l’intégralité des usages mais qui se borne aux cas où l’on dispose d’une connexion internet stable, permanente et suffisante. Reste à couvrir la balado-diffusion et la diffusion offline dans son ensemble par d’autres alternatives d’offres légales permettant de rémunérer équitablement les artistes.

Enfin, il ne faut pas oublier que les droits d’auteur ont d’abord été créés pour protéger les artistes et artisans d’une utilisation commerciale abusive de leur oeuvre. En ce sens, c’est un peu comme s’ils avaient été créés pour les protéger des majors qui abusent de leur influence et qui continuent à faire, quoi qu’elles puissent en dire, des bénéfices toujours en forte croissance. C’est dans cet optique que je m’insurge et que je réclame la restauration du droit d’auteur : qu’on cesse enfin d’accuser à tort le client, internaute, amateur de musique, consommateur direct de bien culturel et que l’on protège les artistes face à la vraie menace qui abuse d’eux et de leur naïveté avant qu’il ne soit trop tard.

On va certainement me reprocher de ne pas donner de solutions, de modèles révolutionnaires et de me complaire dans une position de critique, mais ce n’est pas à moi de trouver la solution. Les alternatives existent, les modèles économiques basés sur l’économie de l’abondance sont nombreux et certains sont très efficaces, notamment concernant le logiciel libre. Je me contente pour ma part d’exprimer mon avis d’amateur d’art et de parler au nom de ceux que l’on appelle injustement "pirates", alors qu’il a été démontré que ceux qui téléchargent le plus sont les plus enclins à acheter des produits culturels. Cohérente incohérence, n’est-il pas ?

Notes

[1] Tristan Nitot explique ça bien mieux que moi : L’économie des idées

[2] J’entends ici le copyright non pas au sens juridique et classique du terme, mais au sens de restriction du droit à la copie.

26 juillet 2009

Marre d'l'image...

A la recherche d’un petit groupe local pour donner un petit concert lors d’une soirée, je me balade actuellement d’univers musical en univers musical et j’avoue aimer ça. Les petits groupes foisonnent même dans ma campagne profonde et comme toujours, il y a du bon et du moins bons.

Parfois, avec un peu de chance, on tombe sur des bonnes surprises et parmi des morceaux enregistrés en live avec une qualité plus ou moins médiocre se trouvent des morceaux de bonne facture. J’avoue avoir eu un faible pour une chanson du groupe Bonguiba, Marre d’l’image : musique entrainante, paroles évocatrices, ça se laisse écouter et on a presque envie d’en redemander.

Dans la même veine, mais dans un style totalement différent, cela me fait penser aux Minouch Naouak, groupe malheureusement dissout, qu’Alexis, membre de la formation, m’avait fait découvrir juste après l’enregistrement studio de leurs premiers morceaux. La qualité est au rendez-vous, aussi bien dans la composition que dans l’interprétation. Ci dessous leur morceau Y’a des chevals dans le pestacle.

Je vous l’dis mes bonnes gens, nos jeunes ont du talent ! Et on gagnerait à découvrir un peu plus la scène locale qui n’a bien souvent rien à envier aux artistes sous la coupe des majors à renommée nationale et/ou internationale. Non seulement ces artistes ont l’amour de la scène, mais ils sont simples, accessibles et produisent de la vraie musique.

13 mai 2009

Un terrible sentiment de honte

Contrairement à DADVSI en son temps, je n’ai que peu parlé de l’HADOPI sur ce blog. Bien que cette loi soit plus inepte encore, l’entêtement du gouvernement doublé de son incapacité à préserver les vecteurs de croissance économique et d’enrichissement culturel dans notre pays m’a fait comprendre bien assez tôt que cette loi passerait coûte que coûte. Plus qu’un sentiment de colère, c’est un sentiment de honte que j’ai envers mon pays et ceux qui le gouvernent.

Cadenas

Comment peut-on servir une nation tout en allant à l’encontre de ses intérêts ? Internet n’est pas une place de non droit, c’est un territoire nouveau et vierge qu’il convient de coloniser peu à peu pour s’en approprier les vertus qui sont plurielles : propagation de l’information, place de marché, vecteur de croissance, base de connaissances, j’en passe et des meilleures. En instituant, au nom de la "création", une loi visant à réduire le "piratage" d’oeuvres, on réduit, de manière drastique le potentiel d’innovation et de création (la vraie cette fois-ci) jusqu’alors quasi-infini de cette place forte, libre et indépendante. Dommages collatéraux vous dites ?

Ainsi, non seulement les mesures inapplicables et terriblement coûteuses prônées par cette loi stupide ne vont-elles rien régler du problème initial, mais elles réduisent l’usage de l’internet à celui d’un canal de communication surveillé. Qu’il soit clair que jamais je ne m’abaisserai à ajouter sur ma machine un obscure mouchard, payant qui plus est, dont j’ignore le fonctionnement, la nature des données qu’il transmet, et bien plus encore. Où est passé le pays des Droits de l’Homme qui fût jadis le mien ? L’avance idéologique dont la France faisait alors preuve semble désormais bien loin.

Oui, je l’affirme, j’ai honte de mon pays. Je n’ai que 20 ans et le virage amorcé par la France devant mes yeux m’effraie au plus haut point. D’abord DADVSI, ensuite HADOPI et bientôt la LOPPSI… Nous ne sommes pas sortis de l’auberge et nous n’avons pas fini de nous indigner. La logique répressive et la tendance à l’"omni-contrôle" dans laquelle notre pays s’enlise n’est en aucun cas une solution, ni dans le domaine de l’internet, ni dans aucun autre. Plus on rajoute de lois, plus on incite à les enfreindre, d’autant plus d’ailleurs qu’elles sont contraignantes et inadaptées. Le gouvernement se décrédibilise lui-même et pousse le peuple à la révolte et à l’incivilité. Vous vous demandez d’où vient ce sentiment d’insécurité alors que jamais la législation n’a été aussi forte, ne cherchez pas plus loin, la réponse est dans la question.

Le rôle d’un gouvernement n’a jamais été de prendre les devants car, par définition, il est toujours en retrait et en retard par rapport à son époque. Son rôle est d’appuyer ceux qui sont en avance sur leur temps, de tâcher de décrypter les tendances obscures et novatrices qui éclosent et de soutenir les plus prometteuses. Vous ne savez pas quoi faire ? Déployez la fibre et démocratisez les nouveaux usages de l’internet à très haut débit, développez une offre d’accès mondial au patrimoine culturel français, favorisez le déploiement de nouveaux modèles économiques dans le domaine de la culture… Tout ceci sera bien plus utile que de soutenir des vieux modèles croulants qui s’effondreront plus tôt que tard.

Il n’est pas trop tard pour redresser la barre et prendre le cap de l’innovation pour rattraper un retard certain et croissant dans le domaine du numérique et prendre la direction de l’innovation. Nous avons des cerveaux en France, en Europe et dans le monde qui ne demandent qu’à être soutenus plutôt que d’être poignardés par une poignée de projets de lois inutiles qui, s’ils ne les concernent pas directement, leur mettent de nombreux bâtons dans les roues. Il n’est pas trop tard pour que la jeunesse dont je fais parti reprenne confiance en l’institution clé de notre Démocratie, à savoir l’Etat, et en ceux qui la représentent.

Mais pour cela, encore faut-il que l’Etat serve leurs intérêts, ce qui, malgré tous les propos qui peuvent-être tenus au sein de ses représentants, n’est pas le cas. Servir le peuple ne signifie pas servir les intérêts d’une minorité qui, si elle ne se remet pas en question, mourra d’elle même à petit feu. Les intérêts de la masse est d’accéder à une masse d’informations et de produits culturels si nombreux qu’elle ne pourrait de toute façon tous les consommer avec l’offre légale actuelle, pour des questions financières principalement. Pourtant, la culture prend une place de plus en plus importante dans notre quotidien et son accès devient indispensable à une intégration socio-professionnelle. Si des initiatives fleurissent et marchent, c’est que le modèle actuel a besoin d’être remplacé pour coller à de nouveaux besoins émergents.

L’industrie musicale, cinématographique ou culturelle au sens large ne sera morte que le jour où elle décidera de se complaire dans l’immobilisme. Et dans ce cas, ce sera plus son inaction et son inadaptation qui seront responsable de sa mort que le "piratage", qui n’est qu’une des conséquences d’une offre inadaptée aux besoins actuels de consommation de la culture. L’Etat n’a, dans ce domaine, aucun devoir d’ingérence autre que de soutenir l’émergence de modèles alternatifs permettant de garantir la rémunération des artistes. A bon entendeur, salut.

8 février 2009

Jamendo, ce n'est plus que de la musique libre !

Jamendo s'est forgé au fil des années une réputation solide sur la distribution et la promotion de musique libre de droits. Des artistes de qualité, des ambiances variées et quelques perles à découvrir parmi un catalogue qui s'étend de jour en jour : bref, une vraie perle pour tous ceux qui souhaitent découvrir de nouveaux artistes ou encore diffuser de la musique ou sonoriser des vidéos à moindres coûts.

Fort de cette expérience concluante, Jamendo propose désormais des services supplémentaires : la sonorisation d'évènements, de créations destinées à la diffusion ou de locaux professionnels qui étaient jusqu'alors assujettis aux tarifs de la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) via l'offre Jamendo Pro.

La SACEM est chargée de taxer les organisateurs d'évènements publics et les professionnels faisant usage de la musique dans leur quotidien (aussi bien les restaurateurs utilisant de la musique d'ambiance que les DJ) de manière à rétribuer ces taxes (de manière somme toute peu équitable) aux artistes.

Leur catalogue est impressionnant tant et si bien qu'il n'y avait aujourd'hui aucune alternative directe à cette société pour sonoriser un évènement. Et pour avoir affaire avec eux plusieurs fois par an pour l'organisation de soirées, je peux dire à quel point leurs tarifs sont exorbitants[1]. Ajoutez à ça la redevance à la SPRE (Société pour la Perception de la Rémunération Equitable) et vous aurez une bonne idée de ce que la sonorisation d'un local peut coûter à un professionnel.

Jamendo, via sa filiale Jamendo Pro récemment ouverte offre un catalogue de plus de 180 000 titres avec un coût de revient inférieur de 30 à 40% à celui de la SACEM. Le service s'engage e plus à rétribuer de manière plus équitable et plus importante (à hauteur de 50%) les artistes proposés dans son catalogue. Il s'agit donc d'un taux de rétribution plus juste à la fois pour l'artiste comme pour le professionnel qui fait usage de la musique.

Bien entendu, ne vous attendez pas à voir les derniers tubes figurer dans ce catalogue, mais plutôt des artistes méconnus dont le talent est tout aussi grand que ceux qui tournent en boucle dans notre poste radio. Ainsi ces offres ne s'adressent pas à ceux dont le business s'appuie sur la musique même qui préfèreront rester fidèle à la SACEM quel qu'en soit le coût mais plutôt à ceux qui ont besoin d'une musique d'ambiance à moindre coûts.

Vous songez qu'il s'agit là d'un marché de niche ? Certainement pas. Réfléchissez un peu et songez aux moments où vous êtes cernés par la musique : derrière votre caddie, sur le fauteuil de votre coiffeur, sur la place de marché où vous vous rendez occasionnellement, bref, les occasions sont nombreuses. Si les occasions sont nombreuses, les clients de ce genre de solutions à la fois plus justes et plus économiques le sont aussi, ce qui pourrait prédire de beaux jours à la formule Jamendo Pro...

Via Presse-Citron

Notes

[1] J'ai pour habitude de payer 162,71€ pour une simple soirée (5h de musique) d'environ 300 personnes animée par un DJ. Et oui, les comptes ne sont pas ronds, ça serait tellement moins énervant pour celui qui fait les comptes et qui signe le chèque que ça n'en serait pas drôle...

2 novembre 2008

Musique Maestro !

Pour un petit dimanche soir sympathique en musique, je viens de vous concocter une petite playlist dont vous me direz des nouvelles. Ambiance pop-rock plutôt calme et éclectique avec un panaché de classiques et de moins classiques que j'ai piochés au hasard de ma médiathèque. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ou à me soumettre d'autres artistes que vous appréciez ou que vous souhaiteriez voir y figurer en commentaire.

Si l'expérience s'avère concluante, peut-être serait-ce le prétexte à d'autres billets musicaux du genre, avec pourquoi pas quelques petites playlists thématiques publiées de temps à autres, comme j'ai pu le faire dans mes défunts podcasts audio (qui n'ont d'ailleurs pas été remis en ligne depuis le changement d'hébergeur, mais ça ne devrait tarder). Bonne écoute à tous ! ;-)

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