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Tribulations d'un geek...

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Keyword - politique

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13 mai 2009

Un terrible sentiment de honte

Contrairement à DADVSI en son temps, je n’ai que peu parlé de l’HADOPI sur ce blog. Bien que cette loi soit plus inepte encore, l’entêtement du gouvernement doublé de son incapacité à préserver les vecteurs de croissance économique et d’enrichissement culturel dans notre pays m’a fait comprendre bien assez tôt que cette loi passerait coûte que coûte. Plus qu’un sentiment de colère, c’est un sentiment de honte que j’ai envers mon pays et ceux qui le gouvernent.

Cadenas

Comment peut-on servir une nation tout en allant à l’encontre de ses intérêts ? Internet n’est pas une place de non droit, c’est un territoire nouveau et vierge qu’il convient de coloniser peu à peu pour s’en approprier les vertus qui sont plurielles : propagation de l’information, place de marché, vecteur de croissance, base de connaissances, j’en passe et des meilleures. En instituant, au nom de la "création", une loi visant à réduire le "piratage" d’oeuvres, on réduit, de manière drastique le potentiel d’innovation et de création (la vraie cette fois-ci) jusqu’alors quasi-infini de cette place forte, libre et indépendante. Dommages collatéraux vous dites ?

Ainsi, non seulement les mesures inapplicables et terriblement coûteuses prônées par cette loi stupide ne vont-elles rien régler du problème initial, mais elles réduisent l’usage de l’internet à celui d’un canal de communication surveillé. Qu’il soit clair que jamais je ne m’abaisserai à ajouter sur ma machine un obscure mouchard, payant qui plus est, dont j’ignore le fonctionnement, la nature des données qu’il transmet, et bien plus encore. Où est passé le pays des Droits de l’Homme qui fût jadis le mien ? L’avance idéologique dont la France faisait alors preuve semble désormais bien loin.

Oui, je l’affirme, j’ai honte de mon pays. Je n’ai que 20 ans et le virage amorcé par la France devant mes yeux m’effraie au plus haut point. D’abord DADVSI, ensuite HADOPI et bientôt la LOPPSI… Nous ne sommes pas sortis de l’auberge et nous n’avons pas fini de nous indigner. La logique répressive et la tendance à l’"omni-contrôle" dans laquelle notre pays s’enlise n’est en aucun cas une solution, ni dans le domaine de l’internet, ni dans aucun autre. Plus on rajoute de lois, plus on incite à les enfreindre, d’autant plus d’ailleurs qu’elles sont contraignantes et inadaptées. Le gouvernement se décrédibilise lui-même et pousse le peuple à la révolte et à l’incivilité. Vous vous demandez d’où vient ce sentiment d’insécurité alors que jamais la législation n’a été aussi forte, ne cherchez pas plus loin, la réponse est dans la question.

Le rôle d’un gouvernement n’a jamais été de prendre les devants car, par définition, il est toujours en retrait et en retard par rapport à son époque. Son rôle est d’appuyer ceux qui sont en avance sur leur temps, de tâcher de décrypter les tendances obscures et novatrices qui éclosent et de soutenir les plus prometteuses. Vous ne savez pas quoi faire ? Déployez la fibre et démocratisez les nouveaux usages de l’internet à très haut débit, développez une offre d’accès mondial au patrimoine culturel français, favorisez le déploiement de nouveaux modèles économiques dans le domaine de la culture… Tout ceci sera bien plus utile que de soutenir des vieux modèles croulants qui s’effondreront plus tôt que tard.

Il n’est pas trop tard pour redresser la barre et prendre le cap de l’innovation pour rattraper un retard certain et croissant dans le domaine du numérique et prendre la direction de l’innovation. Nous avons des cerveaux en France, en Europe et dans le monde qui ne demandent qu’à être soutenus plutôt que d’être poignardés par une poignée de projets de lois inutiles qui, s’ils ne les concernent pas directement, leur mettent de nombreux bâtons dans les roues. Il n’est pas trop tard pour que la jeunesse dont je fais parti reprenne confiance en l’institution clé de notre Démocratie, à savoir l’Etat, et en ceux qui la représentent.

Mais pour cela, encore faut-il que l’Etat serve leurs intérêts, ce qui, malgré tous les propos qui peuvent-être tenus au sein de ses représentants, n’est pas le cas. Servir le peuple ne signifie pas servir les intérêts d’une minorité qui, si elle ne se remet pas en question, mourra d’elle même à petit feu. Les intérêts de la masse est d’accéder à une masse d’informations et de produits culturels si nombreux qu’elle ne pourrait de toute façon tous les consommer avec l’offre légale actuelle, pour des questions financières principalement. Pourtant, la culture prend une place de plus en plus importante dans notre quotidien et son accès devient indispensable à une intégration socio-professionnelle. Si des initiatives fleurissent et marchent, c’est que le modèle actuel a besoin d’être remplacé pour coller à de nouveaux besoins émergents.

L’industrie musicale, cinématographique ou culturelle au sens large ne sera morte que le jour où elle décidera de se complaire dans l’immobilisme. Et dans ce cas, ce sera plus son inaction et son inadaptation qui seront responsable de sa mort que le "piratage", qui n’est qu’une des conséquences d’une offre inadaptée aux besoins actuels de consommation de la culture. L’Etat n’a, dans ce domaine, aucun devoir d’ingérence autre que de soutenir l’émergence de modèles alternatifs permettant de garantir la rémunération des artistes. A bon entendeur, salut.

9 mars 2009

L'histoire de cinq gus dans un garage...

Ha, la France, ce pays aux valeurs fortes : Liberté, Egalité, Fraternité. Un gouvernement ouvert, à l’écoute de ses électeurs et à la fibre innovatrice. Nous avons encore aujourd’hui un exemple de cet état d’esprit qui nous pousse à grands pas vers le futur avec madame la ministre de la Culture et de la Communication qui n’a pas hésité à se référer au mouvement de la Quadrature du Net, opposé au projet de loi Hadopi, de la sorte : Ce sont cinq gus dans un garage qui font des mails à la chaîne.[1]

La ministre démontrant ainsi avec brio ses compétences dans le domaine de la communication qui, rappelons-le une fois de plus, figure dans le nom de ses attributions, fait d’une pierre deux coups en signifiant son ouverture au débat et la prise en considération de tous les arguments avancés par ses opposants politiques.

La démocratie est une fois de plus sanctifiée au pays des Droits de l’Homme et du Citoyen, où jamais ô grand jamais nous ne pourrions voir de phénomène de censure. Citoyens, dormez en paix, vos intérêts sont défendus avec vigueur ! Et je m’en réjouis… *soupirs*

Notes

[1] Source PCinpact

9 mars 2008

Le logiciel libre : plus que de technique, il s'agit d'abord de politique...

The free software movement is a political cause, not a technical one. - Richard Stallman, 6 mars 2008

Derrière le logiciel libre se cache une philosophie. Le principal aspect de cette philosophie est le partage ou plutôt le "libre partage" puisque l'adjectif épithète est ici important et plein de sens. Le partage en informatique a toujours ou presque été réglementé : les droits sur la copie de l'information numérique sont d'ailleurs là pour poser le cadre juridique nécessaire à cette restriction. Or, l'information numérique et son appréhension ont beaucoup évoluées ces dernières années grâce à la croissance très rapide du mouvement du libre aidé par la pénétration fulgurante de l'internet dans les foyers.

L'écart entre l'appréhension de la culture libre et celle de la culture propriétaire se creuse de plus en plus par le renforcement des dispositifs anti-copie et de la modification des peines prévues pour les contrevenants au cadre juridique établi. Ces modifications arrivent après des rapports économiques rédigés par des analystes ayant prédit de fortes pertes financières si la consommation de l'information tendait à devenir gratuite. Pour subsister, les créateurs de valeur numérique (qu'ils soient développeurs ou artistes) se sont organisés : d'une part certains ont décidé qu'il fallait payer pour consommer, d'autre part, les libristes ont décrété que la consommation serait gratuite mais qu'il faudrait payer pour consommer mieux.

Nous avons ainsi deux aspects économiques radicalement différents : alors que la première solution consiste à taxer le produit de la création quitte à le rendre parfois inaccessible à certains, l'autre approche consiste à rendre l'accès au produit libre pour chacun et à développer des services annexes autour de ce produit pour en viabiliser économiquement la production. Les deux principaux aspect du logiciel libre sont donc la culture d'une part (et par ce biais l'éducation) et l'économie d'autre part : ne sont-ce pas là deux aspects propres à la politique ?

La bataille idéologique qui sévit entre la culture libre et le capitalisme propriétaire (en stigmatisant un peu) n'est pas uniquement une bataille technique puisqu'il s'agit véritablement d'enjeux politiques. Les idées exprimées par ce mouvement vont à l'encontre des idées majoritairement en place à l'heure actuelle et leur caractère disruptif cache quelque peu leur caractère politique, mais plus pour très longtemps... ;-)

Source : Framablog

8 juin 2007

Les 72 heures du logiciel libre partout en France...

Il est rare que j'aborde des sujets politiques sur ce blog même si je me sens totalement concerné par le sujet, et ce pour diverses raisons : ce n'est pas le but de ce blog et d'autres en parlent bien mieux que moi. Mais une fois n'est pas coutume, si je parle politique aujourd'hui, c'est également pour vous parler du logiciel libre. En effet, vus n'êtes pas sans ignorer que nous nous trouvons en pleine campagne pour les élections législatives, et que l'APRIL (Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre) a lancé une campagne de sensibilisation des candidats aux législatives envers le logiciel libre et ses enjeux.

Logo APRIL

Le but de cet initiative est de faire signer le pacte du logiciel libre à au moins 577 candidats avant dimanche, 12h30. Actuellement, 360 candidats ont signé ce pacte, chiffre honorable mais pas encore suffisant. C'est pourquoi l'initiative Candidats.fr, pendant ces 72h du logiciel libre, encourage les citoyens à aller rencontrer leurs candidats et à les sensibiliser à la question de l'avenir du logiciel libre. Si vous pouvez, d'une quelconque manière, vous engager à prendre contact avec l'un de vos candidat et à passer quelques minutes avec lui pour parler du logiciel libre, alors n'hésitez pas.

Je viens de me rendre compte qu'aucun des candidats de ma circonscription n'avait signé ce pacte. Malgré une période de baccalauréat un peu chargée, je vais donc tenter de contacter le député sortant et candidat de ma circonscription Jean-Luc Warsmann afin de prendre connaissance de sa position sur le sujet et pourquoi pas de discuter plus avant. Je ne sais pas si mon appel sera entendu d'ici à dimanche, mais j'espère qu'il le sera avant le second tour des législatives qui aura lieu dans une semaine. Je vous invite à faire de même dans votre circonscription afin de participer à votre mesure au mouvement du libre.

Merci à Nico de m'avoir contacté et de m'avoir sensibilisé à ce sujet qui, sans lui, m'aurait totalement dépassé en cette période d'examens.

24 mars 2007

Le iPol nouveau est arrivé

iPol est un magasine politique publié en podcast vidéo dont le but est de donner en quelques minutes un aperçu webbesque des évènements de la semaine. Avec des interviews, des déplacement sur le terrain, des sondages et micro-trottoirs, l'équipe du magasine réalise des vidéos de qualité, très bien montées et agrémentées d'une voix off qui laisse songeur.

Logo iPol

Je vous en avais déjà parlé en Janvier, lors du lancement de ce magasine qui a mis en ligne hier son huitième numéro et qui, pour l'occasion, a ouvert un site web tout neuf répertoriant toutes les vidéos et migre donc de typepad vers sa propre plateforme. Soyons fous, je vous glisse ci-dessous pour l'occasion ce nouveau numéro et je vous invite à aller voir les autres si cela vous intéresse, ca en vaut la peine. ;)

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